La grand-mere de notre guest house nous a d'ailleurs rebaptises : Pierre est devenu Sonam (qui veut dire chanceux et plein de capacites) et Anne, Angmo (qui veut dire sagesse). Elle devait etre genee de nous appeler par nos vrais prenoms dans la mesure ou Pierre veut dire marmotte et Anna veut dire le 16eme d'une roupie (soit pas grand chose, 60 roupies = 1euro).
Notre guide, Lobzang, nous a permis de discuter un peu avec les familles et nous a appris les rudiments de la langue. Et oui, jusq'u'a present, on s'arretait a Jullay, qui veut dire bonjour, merci, de rien et au revoir. Ce mot, c'est genial pour les touristes.
Apres il y a les mots qu'il est necessaire d'apprendre sous peine d'explosion ventrale :
Menle = non
Dikle = C'est assez
Densle = J'ai plus faim.
Sinon on est resservi quasi d'office (de the au lait, de chang, de momos, de tout).
Ce qui est marrant avec le Ladakhi, c'est qu'on ajoute generalement 'Le' a la fin des mots (c'est une marque de respect).
Ce qui est moins marrant avec le Ladakhi, c'est que chaque chose est designee par deux mots differents : un mot du langage formel et un mot du langage courant. Les deux sont utilises. Par exemple, the se dit cha, mais si on parle du the de quelq'un d'autre, c'est solja. Oui, c'est complexe.
D'autres trucs rigolos, lorsque l'on pose une question dont la reponse est oui ou non, le mot pricipal de la phrase prend un a. Exemple : Dikale? Dikle. (C'est assez? C'est assez).
Pour s'adresser aux gens, on utilise beaucoup de termes generiques lies a l'age relatif de la personne :
pour un garcon plus jeune, nonole. Pour une fille plus jeune, nomole. Pour un garcon plus age ou du meme age, achule, pour une fille achele. Pour une femme qui pourrait etre sa mere, ammale, pour un homme qui pourrait etre son pere, abale.
Bon on parle pas encore couramment ladakhi mais ca fait rire les gens.
Au niveau culinaire...
Le chang :Il s'agit de la biere locale. Les Ladakhis ont l'air d'en consommer pas mal (c'est tres leger!) mais n'en proposent generalement pas aux touristes. Il sont plutot surpris et tres contents de le faire gouter quand on en demande!
Boire du chang est un rituel : la mere de la maison amene une cruche pleine de chang, sert un verre. Il faut boire une gorgee immediatement, et le verre est aussitot complete a ras-bord. Ensuite le verre n'est jamais completement vide... On est resservi sans cesse, et celui qui sert nous dit de boire (Donle, nonole/nomole!) jusau'au dikle liberateur qui doit generalement s'accompagner d'un geste protecteur du verre.
Le chang est traditionnellement servi dans un des multiples pots en bronze ou en cuivre qui tapissent les murs des pieces principales des maisons. Maintenant, il est plus souvent servi dans des pots en plastique!
Le chang est fait avec de l'orge, qui est la principale culture du Ladakh. On a assiste a une partie de sa fabrication : les grains sont bouillis dans de l'eau pendant quelques heures puis seches au soleil. Ensuite on n'a pas vu, mais il faut mettre de la levure avec de l'eau. On recupere le jus apres quelques jours et cela fait le machu-chang (le chang de meilleure qualite). On peut remettre de l'eau encore 2 fois pour obtenir des changs moins bons.
Le solja/cha (the):
Le the est servi a tout moment de la journee. Il y en a de plein de sortes differentes, plus ou moins adaptees aux gouts occidentaux!
Le the noir, Cha narpo, est le the noir que l'on est habitue a boire.
Le the au lait, Cha armo, parfois accompagne de cardamone.
Le the sale (bizarre bizarre) et le the au beurre (sale aussi) sont les specialites ladakhies les plus differents de ce qu'on connait!
La tsampa :
La tsampa est une farine d'orge grille que l'on consmme telle quelle (on se platre un peu la bouche), en porridge (pour les petits, mais aussi pour les touristes le matin dans notre guesthouse) et avec le chang (on en met une cuillere dedans, c'est cense eviter les maux de ventre, et effectivement le melange ressemble a du smecta).
Les pates
On pensait que l'Italie avait le monopole de la pasta, et bien non! Les Ladakhis font plein de pates de formes differentes. La pate de base est faite avec de la farine de ble et de l'eau.
Les momos sont une sorte de raviolis cuits a la vapeur, generalement plein de legumes haches (difficulte ++++++). Le momo est plus qu'un repas, c'est un art. On ne replie pas un momo n'importe comment, cela releve du sacrilege. Malgre une longue seance d'essai ou nous trouvions que nos momos etaient de plus en plus reussis, nous n'avons eu droit qu'a de faibles encouragements...
Les skius sont des pates ecrasees avec le pouce (difficulte +). A cote du momo c'est du gateau!
Les chunagis sont des pate d'une forme un peu plus complique pour pas grand chose, dans la mesure ou on le fait cuire dans la soupe et qu'il se defait completement...(difficulte ++).
Les legumes
Ce ne sont pas toujours des legumes, parfois en fait ce sont des genres de mauvaises herbes qui poussent dans les champs d'orge. Rien n'est vraiment une mauvaise herbe ici...
La guest house
Les paysages sont suprenants : des forets immenses de resineux bordent la ville, au dessous de grandes prairies vertes qui ressemblent a des alpages. Ca ressemble aux montages de chez nous,
mais a une echelle differente : les pentes sont tres raides, les arbres immenses!
La ville se divise en trois quartiers : Manali, ou les hotels et les restaurants indiens se
succedent, Old Manali, qui est en fait une succession de guest houses a peine finies, de restaurants a specialites indiennes, chinoises, tibetaines, israeliennes et italiennes (tout a la fois!)
et de patisseries allemandes.